Groupe de K-pop captivant toutes les générations, ENHYPEN s’est imposé en un temps record comme l’un des phénomènes les plus prometteurs de la scène coréenne actuelle. Formé en 2020, ce septuor sud-coréen a su conquérir un public international grâce à son identité artistique unique, mêlant performances impeccables et visuels riches en storytelling. En pleine tournée mondiale, le groupe a choisi Paris pour clôturer sa partie européenne avant de repartir en Asie cet automne.
Arrivés à Paris la veille de notre entretien, les membres n’ont guère eu le luxe de se reposer, et arrivent avec une heure de retard. Parmi les sept protagonistes, Sunoo et Heeseung sont absents, optimisant leur énergie pour le show du soir, d’une durée de plus de deux heures. À cinq, ils retracent pour Vogue France les grandes étapes de leur parcours.
Les débuts d’ENHYPEN
Tout commence dans l’émission de télé-crochet I-LAND, diffusée en 2020. Conçue par la maison HYBE et la société de divertissement CJ ENM, le but de l’émission était clair : constituer un nouveau boysband coréen. Vingt-trois candidats ont été sélectionnés pour tenter de devenir les visages tant convoités de ce groupe qui allait propulser des carrières. Après trois mois de compétition, seuls sept d’entre eux furent retenus par un vote global. Ainsi, le monde découvrait Heeseung, Jake, Jay, Ni-ki, Sunghoon, Sunoo et Jungwon (tous nés entre 2001 et 2005) sous le nom d’ENHYPEN. Un nom inspiré du trait d’union (“hyphen” en anglais), symbolisant la connexion, la découverte et le changement.
Le changement a été au rendez-vous depuis ce télé-crochet. Les sept membres du groupe suivent aujourd’hui les pas de ceux qu’ils admiraient enfants. “J’ai grandi en écoutant beaucoup de pop. Justin Bieber, Post Malone, et de nombreux rappeurs américains sont mes principales sources d’inspiration,” partage Jake. Pour Jay, c’est un guitariste américain qui l’a marqué : “John Mayer est sans doute ma plus grande référence musicale. Avoir grandi avec sa musique m’a apporté beaucoup de réconfort.” Pour Ni-ki, c’est le roi incontesté de la pop, Michael Jackson, qui lui a donné l’envie de devenir artiste. Lorsqu’on lui demande sa performance préférée, il répond sans hésiter “Dangerous” lors des MTV Video Music Awards 1995. À partir de ce moment-là, son chemin était tracé : chant et danse allaient devenir ses principales forces pour réaliser ses rêves.
Cependant, pour Jungwon, s’éloigner de la maison familiale pour devenir l’une des idoles préférées de la K-pop n’était pas évident : “Quand j’étais plus jeune, mes parents m’encourageaient toujours à viser plus haut. Je n’avais pas vraiment d’intérêt pour le domaine artistique à l’époque. Je pensais que si je quittais le cocon familial pour devenir artiste, cela ne durerait pas et que je finirais à la rue. C’est mon père qui m’a guidé vers cette voie, et ce n’était pas facile ; j’ai failli abandonner plusieurs fois.” Sunghoon, quant à lui, avait déjà une carrière de patineur artistique avant de se tourner vers le chant : “Mes parents sont très fiers de moi. Avant qu’ENHYPEN ne devienne connu, je faisais du patinage artistique professionnel. Après ma décision de devenir k-pop idol, ils ont été très compréhensifs et m’ont soutenu.” Jake partage également l’importance du soutien familial : “Ma famille a déménagé en Australie quand j’étais très jeune. J’ai passé ma première année d’école là-bas, ce qui m’a permis d’apprendre l’anglais rapidement. C’est drôle car je n’avais pas prévu d’apprendre cette langue, tout s’est fait naturellement. Récemment, j’ai regardé une vidéo de moi à 10 ans. Mon accent australien était tellement plus prononcé à l’époque.”
Et aujourd’hui ?
En cinq ans de carrière, le groupe s’est affirmé progressivement dans l’univers musical de la K-pop. Avec trois albums et six EPs à leur actif, les succès s’enchaînent avec des titres tels que “Bite Me”, “No Doubt”, “Brought The Heat Back”, et le plus fun “Sweet Venom”. ENHYPEN est devenu l’un des groupes les plus en vue du moment. Leur renommée a grandi au fil du temps, avec des tournées mondiales en Asie et aux États-Unis, où ils ont eu l’honneur de se produire au festival de Coachella cette année. En étant le deuxième groupe de K-pop masculin à se produire sur cette scène mythique (après ATEEZ en 2024), le défi était immense face à un public vaste et inconnu. “C’était un honneur pour nous de chanter sur cette scène. C’était très différent de toutes les autres performances, car nous avons l’habitude d’avoir des fans devant nous. À Coachella, le public est immense et tout le monde n’est pas forcément fan de K-pop. C’était un défi de montrer notre performance et d’éveiller l’intérêt du public pour notre univers,” partage Jake. Quant à la préparation, Jungwon admet que les conditions n’étaient pas idéales : “C’était la plus grande scène sur laquelle nous avons chanté. Mais il y avait tellement de bruit et il faisait très froid. Il était difficile d’être à 100%.”
Le 6 juin dernier, le groupe a sorti leur sixième EP, Desire: Unleash. Comme son titre l’indique, cet album vise à exprimer des désirs profonds, explorant des états d’âme allant des plus sensibles aux plus langoureux. Pour ce projet, ENHYPEN collabore avec des producteurs américains de renom, tels que Tony Esterly, Akil King, le Canadien Cirkut, et la compositrice britannique Jessica Agombar. Cet album dance-pop est porté par le titre “Bad Desire (With or Without You)”, et les fans peuvent également apprécier la douceur de la ballade “Too Close”. Cependant, “Helium” se distingue par une particularité : Jay a participé à sa composition, jouant de la guitare électrique. “J’ai toujours imaginé cette chanson comme un titre à performer à un moment précis du concert. Nous avons toujours voulu explorer un style rock dans nos morceaux, donc quand j’ai commencé à mixer les genres que j’aimais, il était naturel de m’orienter vers la pop-rock pour ce titre.” Lorsqu’on leur demande leur morceau favori, “Helium” revient souvent, suivi de “Flashover” et de “Loose”, qui ont une place spéciale pour Jake. “Elles sont très différentes de nos précédents titres, surtout “Flashover” qui est explosif et amorce un nouvel univers avec cet EP.” Pour Sunghoon, cela a pris un certain temps pour s’approprier le morceau : “Je me souviens que lorsque j’ai écouté la chanson pour la première fois, elle ne m’avait pas vraiment touché. C’est lors de nos sessions d’enregistrement que j’ai commencé à l’apprécier. J’ai pris beaucoup de plaisir à la chanter, et maintenant, c’est mon titre préféré sur Desire: Unleash.” S’étant écoulé à plus de 2,18 millions d’exemplaires dans le monde et atteignant même la troisième place du classement Billboard 200 américain, cet album positionne ENHYPEN comme l’un des groupes coréens les plus talentueux, déterminé à s’imposer davantage avec leur univers musical accrocheur, en quête d’un monde empli d’amour et de simplicité.