Quelles sont les expositions incontournables en dehors de la capitale ? L’été est le moment idéal pour ralentir le rythme et s’évader loin de l’agitation urbaine. Les musées et galeries d’art sont parfaits pour allier découverte culturelle et douceur estivale. Partout en France, des institutions proposent des curations riches et inspirantes. Voici 9 expositions à explorer aux quatre coins de l’Hexagone.
Vertigo à la Villa Carmignac (Porquerolles)
Jusqu’au 2 novembre 2025, la Villa Carmignac présente Vertigo, une exposition captivante conçue par Matthieu Poirier. Rassemblant une cinquantaine d’œuvres (peintures, sculptures, photographies et installations), ce projet met en lumière des artistes abstraits de divers horizons, qui, depuis l’après-guerre, explorent les limites de la perception et les dynamiques du paysage naturel. Le parcours, organisé en 6 sections, s’apparente à une traversée à travers différentes couches sensorielles et matérielles. Bien que conçue en quelques mois, cette exposition s’appuie sur un long parcours de recherche. Spécialiste de l’abstraction, Poirier a dirigé de nombreuses expositions et a publié une trentaine d’ouvrages sur la phénoménologie de la perception dans l’art abstrait. Plutôt que de présenter Porquerolles comme un simple paysage pittoresque, Matthieu Poirier voit l’île comme un observatoire sensoriel, un territoire instable traversé par des forces telluriques, aquatiques et cosmiques. Vertigo propose ainsi une expérience immersive, conçue comme une perte de repères, où le corps, l’espace et la perception se confondent.
Copistes au Centre Pompidou-Metz (Metz)
Les copistes prennent le devant de la scène ! Invités par le Centre Pompidou-Metz, 100 artistes contemporains ont choisi une œuvre du musée du Louvre et en offrent leur propre interprétation. Parmi eux, on trouve des figures telles que Jeff Koons, Claire Tabouret, Laurent Grasso, Miquel Barceló, Nina Childress et Julien Creuzet. Ce projet réunit des personnalités de toutes les générations et disciplines – majoritairement des peintres, mais aussi des artistes qui s’expriment à travers le dessin, la vidéo, la sculpture et même la mode. À découvrir jusqu’au 2 février 2026.
Laure Prouvost – Au fort, les âmes sont, au Mucem (Marseille)
L’artiste vidéaste Laure Prouvost crée des installations où l’image s’émancipe de l’écran pour s’étendre dans l’espace. Son univers onirique évoque parfois le surréalisme. Invitée en carte blanche par le Mucem, elle s’inspire des réserves du musée, réinventant des objets pour les intégrer dans un récit rempli de métamorphoses, de magie et de sensualité. Intitulée sobrement Au fort, les âmes sont, cette exposition explore ses expérimentations autour du verre et de l’image sous-marine, avec une nouvelle vidéo mettant en scène des acteurs apnéistes filmés dans les calanques de Marseille. Les œuvres, conçues spécifiquement pour ce projet, sont exposées au cœur du fort Saint-Jean dans des espaces habituellement fermés au public. À ne pas manquer !
Mickalene Thomas : All About Love aux Abattoirs (Toulouse)
Après avoir été présentée à la Hayward Gallery de Londres, les œuvres de Mickalene Thomas font escale aux Abattoirs de Toulouse, avec la complicité de Lauriane Gricourt, directrice des lieux. Ses tableaux, rendant hommage à la féminité noire, se déploient avec puissance : portraits à multiples couches, textures riches, éclats de strass. Avec All About Love, l’artiste rend hommage à l’essai marquant de bell hooks, qui considère l’amour comme une force radicale et transformante. L’exposition présente une soixantaine d’œuvres (peintures, collages, photographies, vidéos et installations), formant un univers à la fois intime, politique et éclatant.
David Lynch à la galerie Duchamp (Yvetot)
Né en 1946 dans le Montana, David Lynch se tourne vers le dessin et la peinture avant d’intégrer les Beaux-Arts de Pennsylvanie. Après avoir obtenu son diplôme, il réalise sa première vidéo d’une minute, déjà marquée par l’influence d’Edward Hopper et Francis Bacon, références présentes dans ses films tels qu’Eraserhead (1976) et Elephant Man (1980). Pour rendre hommage au cinéaste récemment décédé, Alexandre Mare, commissaire et directeur des lieux, dédie une exposition à une cinquantaine de lithographies et gravures sur bois réalisées par David Lynch entre 2007 et 2020. Répartie sur trois niveaux, cette exposition est une belle occasion de découvrir la passion artistique du cinéaste, bien antérieure à sa carrière cinématographique.
Agnès Varda. Je suis curieuse. Point. au musée Soulages (Rodez)
Cette exposition à Rodez célèbre la curiosité insatiable d’Agnès Varda à travers un dialogue inédit entre photographie, cinéma et arts plastiques. En mêlant des images du tournage de La Pointe Courte à ses installations autour de cabanes et de rivages, le parcours offre une immersion fascinante dans l’univers de la cinéaste. On y découvre des œuvres emblématiques telles que Bord de mer (2009), La petite mer immense (2003), Ping-Pong Tong (2005-2006), et La Cabane du Bonheur (2018), ainsi que des photographies inédites de Noirmoutier. L’exposition évoque également l’environnement du film Le Bonheur (1965). Pour prolonger cette immersion, des œuvres d’artistes proches de Varda comme Pierre Soulages, Valentine Schlegel et Miquel Barceló sont également présentées. Avec plus de 150 pièces, l’exposition se lit comme le récit d’une vie qui revient toujours à la mer.
Les Années folles de Coco Chanel au Nouveau Musée National de Monaco (Monaco)
Les Années folles de Coco Chanel retrace l’impact décisif des créations de Coco Chanel dans le contexte des années folles, une période où la mode féminine se libérait des styles traditionnels pour embrasser la modernité. À travers plus de 200 objets, l’exposition explore les liens entre ses créations et les arts plastiques de l’époque, établissant un dialogue entre mode et modernité. Installée dans le décor méditerranéen de la Villa Paloma, elle se décline en trois axes pour découvrir les productions de Coco Chanel : la vie en plein air et l’essor des loisirs balnéaires, les Ballets russes et l’influence des cultures slaves, ainsi que l’invention du “style Riviera”.
Katsushika Hokusai au Musée d’histoire de Nantes (Nantes)
Connu pour avoir peint La Grande Vague de Kanawaga, Katsushika Hokusai est célébré au musée d’histoire de Nantes tout l’été. L’exposition se concentre sur ses dernières œuvres, réalisées avant sa mort en 1849, mettant en lumière la relation de l’artiste à la nature, en particulier l’eau, essentielle dans ses paysages. C’est une immersion totale dans son univers, tout en explorant la mouvance de l’ukiyo-e, qui signifie “image du monde flottant”. Avec près de 3 000 estampes en couleur, 1 000 peintures et 200 livres illustrés, Hokusai demeure une figure emblématique de ce mouvement. Le musée offre une occasion unique de découvrir ses œuvres, originales et exposées en dehors du Japon pour la première fois.
Dior, jardins enchanteurs au musée de Christian Dior (Granville)
À Granville, le monde créatif de Christian Dior prend racine. Dans une immersion sensorielle mêlant haute couture, archives rares et parfums iconiques, Dior, jardins enchanteurs propose un voyage olfactif allant de Diorama, une subtile alliance de fleurs fraîches et d’ylang-ylang, à Diorissimo, une ode au muguet. Chaque fragrance révèle une facette de son univers intérieur. L’exposition met également en avant la manière dont les héritiers de Christian Dior prolongent et réinventent cette passion. Des créateurs comme Maria Grazia Chiuri, Francis Kurkdjian, et Victoire de Castellane insufflent à leurs créations l’âme poétique des jardins tant aimés de la Maison. Que ce soit à travers la mode, les parfums, la joaillerie ou l’art de vivre, la nature reste le fil conducteur, source de beauté et de créativité. En rendant hommage à cet attachement à la nature, Dior, jardins enchanteurs la célèbre comme une muse éternelle et inépuisable. Une expérience incontournable dans ce lieu emblématique où tout a commencé.