Ce samedi, dans l’émission “C dans l’air l’invité”, la comédienne et militante Adèle Haenel a défendu avec passion un projet politique visant à combattre les violences sous toutes leurs formes.
Elle a insisté sur l’importance de ne pas se concentrer sur son propre vécu, mais plutôt d’exiger une réponse politique afin que « toutes les vies soient vivables ». Accompagnée de son avocate Anouck Michelin, Adèle Haenel a affiché une détermination sans faille sur le plateau de C dans l’air, une semaine après la condamnation en appel de Christophe Ruggia à cinq ans de prison pour des agressions sexuelles commises sur elle lorsqu’elle avait entre 12 et 14 ans.
Lors de son interview avec Aurélie Casse, celle qui a quitté le monde du cinéma en 2020 a d’abord évoqué un sentiment de « soulagement » après « un parcours judiciaire long et éprouvant ». Cependant, elle n’a pas retrouvé confiance en la justice concernant les affaires de pédocriminalité, déclarant : « Ma première réaction, c’est que je me sens chanceuse. [Cela] ne témoigne-t-il pas d’une profonde injustice ? » Elle s’interroge sur le nombre de victimes qui restent silencieuses, non crues et non entendues, face à cette situation.
« Je suis venue ici pour parler du présent », affirme-t-elle, en faveur de « tous les enfants qui aujourd’hui subissent » la tyrannie du silence imposée par les prédateurs. « Le silence, ce n’est pas parce que quelqu’un cache trop bien, c’est parce que personne ne veut voir », déclare-t-elle, qualifiant les violences subies lors du tournage des Diables de « cachées exhibées », tant elles sont visibles à l’écran. Elle souligne également que les adultes présents autour d’Adèle Haenel ont été « passifs », comme le précise son avocate.
Au-delà de la « réparation » qu’offre une décision de justice, la comédienne aspire à « la transformation de la société ». Elle élargit son discours à son combat pour Gaza, dénonçant « le droit international piétiné en Palestine » et établissant un lien entre les différentes violences : « Je me bats du côté du droit, face à un monde qui est en train de glisser dans le fascisme. »
Après de telles déclarations, lui poser la question de son retour sur les plateaux de cinéma semble presque futile. « Je fais du théâtre », répond-elle, refusant de participer à « une industrie qui construit des imaginaires [racistes, sexistes] qui ne nous aident pas à sortir de la crise dans laquelle nous sommes, qui est une crise d’humanité ».
Sur France 5, Adèle Haenel aborde le procès de Ruggia ainsi que son projet politique, “pour que toutes les vies soient vivables”.