L’économie française semble avoir terminé l’année à bout de souffle, marquant le pas dans un contexte d’incertitude persistante. Les derniers indicateurs PMI révèlent une activité du secteur privé qui piétine, l’indice final des services s’affichant à 50,1 en décembre, contre une estimation préliminaire de 50,2 et un niveau de 51,4 le mois précédent. Cette quasi-stagnation se reflète également dans l’indice composite, qui atterrit tout juste à la barre symbolique de 50,0, signalant une absence totale de croissance. Si quelques entreprises ont bien noté un frémissement de l’intérêt client, la tendance générale reste à la prudence : l’incertitude ambiante pousse prospects et clients à geler leurs dépenses.
Les analystes de la HCOB pointent du doigt un cocktail de vents contraires. Au-delà du ralentissement économique allemand et des interrogations sur la politique américaine, c’est surtout la fragilité de l’environnement politique intérieur qui pèse lourdement sur le moral des affaires. L’embellie observée en novembre apparaît rétrospectivement comme une anomalie temporaire. Le carnet de commandes, notamment à l’export, déçoit, plombé par une demande américaine en berne. Cette morosité se traduit sur le marché de l’emploi, quasi stable depuis novembre, et sur les marges des entreprises. Celles-ci, coincées entre des coûts salariaux toujours élevés et un pouvoir de fixation des prix quasi nul, se voient contraintes de multiplier les rabais pour soutenir les ventes, bien que l’inflation des coûts d’exploitation ait ralenti à un niveau historiquement bas.
Air France-KLM secoué en Bourse
Ce climat économique morose ne manque pas d’impacter les fleurons nationaux sur les marchés financiers. Le titre Air France-KLM a connu un début de semaine difficile, décrochant brutalement à l’ouverture lundi. Alors que l’action avait clôturé la séance précédente à 1,3857 dollar, elle a ouvert en net repli à 1,3270 dollar, dans un volume d’échanges modeste. Cette baisse de 3,4 % s’inscrit dans un contexte financier complexe pour le transporteur aérien, qui affiche un ratio d’endettement sur capitaux propres élevé de 5,64.
Les résultats trimestriels publiés le 6 novembre dernier continuent sans doute de peser dans la balance : avec un bénéfice par action de 0,30 dollar, le groupe a manqué le consensus des analystes qui tablaient sur 0,39 dollar, tout en affichant un chiffre d’affaires de 10,63 milliards de dollars, légèrement en deçà des attentes. Malgré ces vents contraires, la communauté financière reste partagée sur le dossier. Si Morgan Stanley a initié une couverture à « pondération en ligne » mi-octobre et que Citigroup maintient sa position « neutre », JPMorgan Chase & Co. a relevé sa recommandation à « surpondérer » début décembre. Actuellement, la majorité des analystes optent pour une position d’attente (« Hold ») sur le titre, anticipant un bénéfice par action de 0,21 dollar pour l’année en cours.
Le renouveau du savoir-faire français à Nashville
Pendant que l’hexagone et ses grandes entreprises naviguent en eaux troubles, le charme de la restauration française continue d’opérer outre-Atlantique, prouvant que la marque France conserve son attrait. À Nashville, le bistro « Once Upon a Time in France », véritable institution de l’est de la ville depuis 2019, entame un nouveau chapitre de son histoire. L’établissement a été repris à l’automne 2025 par Ramy Habib et Majed Mikhail, deux anciens clients fidèles décidés à miser sur la transparence et l’hospitalité.
Cette transition s’est accompagnée d’une remise à niveau spectaculaire des standards de qualité. Les nouveaux propriétaires ont réussi le tour de force d’améliorer drastiquement les scores d’hygiène, obtenant récemment un 99 quasi parfait pour le restaurant et un 100/100 pour le bar lors des inspections sanitaires. Loin des courbes de croissance anémiques de la métropole, ce petit coin de France aux États-Unis démontre que la rigueur et le service restent des valeurs refuges, offrant une perspective plus souriante que les graphiques boursiers actuels.