Accessoiristes, régisseurs, décorateurs, graphistes et maquilleuses : ces professionnels de l’ombre font résonner un malaise croissant. Ils dénoncent la dégradation alarmante de leurs conditions de travail.
Deux courriels et une grève. Dans le monde du cinéma, souvent marqué par le silence, ces actions ont suffi à provoquer une onde de choc. Envoyées durant l’été 2025, à la suite du tournage du film de Xavier Giannoli, *Les Rayons et les Ombres*, ces deux lettres au ton incisif sont rédigées par Julien Joanny, un régisseur d’extérieurs, chargé, sous la direction du chef décorateur, de dénicher les objets et accessoires nécessaires à chaque scène. L’une est adressée à la production du film, tandis que l’autre s’adresse directement au réalisateur. Les lettres évoquent des thèmes de « souffrance » et révèlent des horaires de travail de 80 heures par semaine, rémunérées pour seulement 39 heures. Extraits marquants : « Cela fait plus de vingt ans que je suis dans le milieu. Mon plateau va craquer ! » Le ras-le-bol des techniciens du cinéma français, malmenés sur les tournages, est palpable.