Le géant chinois continue de tisser sa toile sur tous les segments du marché mobile, oscillant entre des valeurs sûres pour le grand public et des innovations de pointe encore en laboratoire. D’un côté, nous avons passé au crible le Poco F4, un milieu de gamme qui tente de s’imposer par la raison, et de l’autre, les fuites concernant l’avenir de la marque laissent entrevoir une stratégie audacieuse pour 2026.
Un positionnement stratégique pour le Poco F4
Lancé comme une déclinaison plus sage du modèle GT paru en mai dernier, le Xiaomi Poco F4 délaisse l’esthétique « gaming » pour adopter une allure plus standardisée. Positionné sous la barre des 400 euros, il s’attaque frontalement à des ténors comme le Realme 9 Pro+ ou le Galaxy A53 de Samsung. Ce smartphone ne cherche pas à réinventer la roue mais plutôt à offrir une expérience maîtrisée. Il est commercialisé en deux variantes : une version 6 Go de RAM avec 128 Go de stockage à environ 380 euros, et une mouture plus musclée de 8 Go de RAM pour 256 Go de stockage aux alentours de 430 euros.
Une générosité devenue rare dans la boîte
À l’heure où la plupart des constructeurs épurent le contenu de leurs boîtes, Poco prend le contre-pied en fournissant un kit de démarrage exhaustif. L’utilisateur a le plaisir de découvrir non seulement un chargeur rapide de 67W et son câble USB-A vers USB-C, mais également une coque souple et un film de protection préinstallé. Détail appréciable pour les audiophiles filaires, un adaptateur USB-C vers Mini-Jack est inclus, compensant l’absence d’écouteurs.
Design et ergonomie au quotidien
Esthétiquement, le F4 ne bouleverse pas les codes. Il arbore un dos en verre intégrant un module photo rectangulaire et une face avant dominée par un écran de 6,67 pouces. Le poinçon de la caméra selfie reste discret, bien que le menton de l’appareil soit légèrement plus prononcé que les autres bordures. Avec ses dimensions de 16,3 cm de haut pour une épaisseur contenue de 0,7 cm et un poids sous les 200 grammes, la prise en main se révèle agréable. L’appareil se fait oublier lors des longues sessions d’utilisation, que ce soit pour la navigation web ou le jeu. La connectique est classique mais efficace : capteur d’empreinte sur la tranche, double SIM, et le traditionnel émetteur infrarouge cher à la marque.
L’écran et les performances à l’honneur
Le véritable atout de ce terminal réside dans sa dalle AMOLED au format 20:9. Avec une définition FullHD+ et un taux de rafraîchissement de 120 Hz, l’affichage est net et fluide, bien que la fréquence ne soit pas adaptative. La luminosité est au rendez-vous, oscillant entre 900 nits en standard et des pics à 1300 nits, garantissant une lisibilité impeccable même en plein soleil.
À l’usage, notre verdict est globalement positif. On apprécie particulièrement la gestion thermique du téléphone et ses performances solides, couplées à une autonomie qui se place dans le haut du panier. Cependant, tout n’est pas parfait : la partie audio déçoit avec des haut-parleurs tout juste passables, et le module photo ultra-grand-angle manque cruellement de piqué. C’est un smartphone correct, efficace, mais qui manque peut-être de ce grain de folie qui le rendrait incontournable.
Vers l’avenir : la puce maison XRing et la série 17S
Si le Poco F4 incarne la maîtrise des technologies actuelles, Xiaomi travaille déjà activement sur sa prochaine révolution interne. Selon des informations récentes relayées par le leaker « Smart Pikachu », la firme préparerait déjà le successeur du Xiaomi 15S Pro, prévu pour une sortie à l’horizon 2026. Cette future gamme, qui devrait logiquement prendre le nom de Xiaomi 17S, marquerait une étape clé dans l’indépendance technologique du constructeur.
L’ambition des semi-conducteurs propriétaires
Le cœur de cette future série reposerait sur la seconde génération de puces maison, baptisée XRing O2. Pour rappel, le Xiaomi 15S Pro avait servi de vitrine technologique plus tôt cette année pour le premier processeur de la marque, le XRing O1, remplaçant ainsi les solutions habituelles de Qualcomm. Bien que le 15S Pro n’ait pas marqué les esprits outre mesure en dehors de son processeur inédit, le développement de la bande de base du XRing O2 serait toujours en cours, confirmant la volonté de Xiaomi de persévérer dans cette voie.
Il semble toutefois que cette stratégie reste, pour l’instant, centrée sur le marché domestique. Tout comme le 15S Pro, il est peu probable que la série 17S franchisse les frontières chinoises. Xiaomi semble vouloir garder ses puces propriétaires exclusives à la Chine, laissant au futur Xiaomi 17 Ultra la lourde tâche de porter l’étendard de la marque à l’international, propulsé sans doute par des processeurs plus conventionnels mais éprouvés.